J’ai testé ...

La hutte de sudation (Sweat-Lodge)

Ce que j’aime dans la formation que je suis actuellement, ce sont les rencontres et les opportunités de vivre des expériences dont je n’aurais osé penser par le passé.

Grâce à l’un de mes professeurs, Gilles, il nous a proposé de participer avec lui à un rite de purification et de guérison. Via une hutte de sudation nord-amérindienne appelée Sweat-Lodge.

La Sweat-Lodge va nous permettre de nous purifier, de nous soigner des toxines accumulées dans notre corps.

Nous pouvons tout aussi bien y participer juste pour le côté purificateur mais aussi pour le côté spirituel. Mais je rassure les personnes qui ne sont pas adepte de la spiritualité.

En effet, de nos jours, la spiritualité a une connotation « religieuse » hors il ne s’agit pas que de ça. La spiritualité correspondra à ce que vous voulez en faire. Que ce soit religieux, en parfaite harmonie avec la nature ou tout simplement une prise de conscience de vouloir s’élever, en deux mots, le développement personnel. Vouloir faire table rase du passé et avancer plus sereinement vers l’avenir.

Maintenant que ce point est fait, je vais vous raconter ce que j’ai vécu lors de cette expérience. Il s’agit de mon vécu, avec mes mots et mes interprétations personnelles et surtout de ce que j’ai réussi à retenir. Donc veuillez m’excuser si cela diffère de ce que vous pourrez retrouver sur d’autres sites bien plus « formelles ».

Donc pour en revenir au côté spirituel, c’est un rite qui va nous permettre de voir en nous-mêmes, de faire comme une rétrospection et pour ceux qui ont ce genre de pratique, d’être accompagné de ses guides.

Nous sommes arrivé dans un lieu au milieu de la forêt. Après nous être garé, nous avons été accompagné au site où nous allions pouvoir vivre cette belle expérience. Il y avait un beau et grand feu de joie ! Quelle chaleur ! Et ce n’était qu’un début …

On nous a offert de boire de la sève de bouleau et l’on nous a invité à prendre place autour du feu. L’officiant nous a expliqué brièvement le déroulement de la séance, c’est assuré qu’aucune femme présente n’était indisposée (sinon, on reste dehors, d’une part car très peu recommandé à cette période du mois si l’on veut éviter d’avoir des soucis de santé. Je n’ai pas demandé pourquoi sur le moment mais pour ma part, en cette période la femme se purifie déjà…. donc pas besoin de le faire à ce moment-là. Je préfère ce motif qui me paraît « sain » plutôt que d’avoir un motif plus …. patriarcal ?)

Ensuite, l’officiant Nous fait passer de la sauge blanche pour que l’on puisse se purifier avant d’entrer dans la hutte pendant ce temps, il chante en s’accompagnant du tempo de trois tambourins.

Nous avons aussi un paquet de tabac à rouler qui circule afin que nous en prenions une boule au creux de nos mains. C’est le moment pour nous de formuler pour nous-mêmes l’intention que l’on souhaite mettre dans ce rite. Puis nous offrons le tabac en offrande au feu. Après nous être déshabillé (caleçon, maillot de bain, vêtu d’un simple teeshirt ou encore entouré d’une serviette…) nous entrons l’un après l’autre dans la hutte en ayant au préalable appris une phrase (que je ne saurai vous redire !) nous permettant de rentrer et ensuite de ressortir de la hutte. C’est un peu la phrase à dire si l’on souhaite aussi sortir avant la fin du rite si l’on ne supporte plus la chaleur.

Une fois à l’intérieur, il est temps de laisser derrière soi la religion, la politique, ses tracas quotidiens. Il est temps à présent de prier pour sa guérison et celles des autres (amis, familles, le monde, mère nature).

Ne reste plus qu’une personne en dehors, que j’ai baptisé personnellement « le passeur ». Il est le seul qui sera autorisé à sortir mais surtout à revenir dans la hutte tout au long de la cérémonie. Car pour tous les autres, une fois dehors, on y reste, plus de possibilités de revenir.

Le passeur va se charger d’amener les pierres chaudes avec une fourche. Il les passe à l’officiant qui les accueillent avec deux bois de cerf entrecroisés. Chaque pierre est accueillie avec beaucoup de respect car elles représente les grands-pères et les grands-mères qui vont nous accompagner pendant ce rite. Ils sont pleins de sagesse et pour ceux qui sauraient avoir le cœur et l’esprit ouvert, qui sait les messages qu’ils pourraient vous passer !

Les pierres sont mises dans un trou au milieu de la hutte, un mélange de plantes sera déposé sur chacune d’elles (j’ai reconnu de la sauge blanche, mais en même temps elle nous accompagnera du début à la fin du rite).

Il en apporte une première et je me dis que oui ; ça amène déjà de la chaleur. Puis une seconde, une troisième etc…. et je pense que nous avons dû en avoir une dizaine. La température augmente rapidement. Et le passeur rentre en amenant avec lui un seau d’eau. Et la porte est fermée.

Il fait sombre dans la hutte. Seules les pierres chaudes telles des pierres de lave en fusion nous amènent cette lumière rougeoyante. L’officiant projette sur les pierres des gouttes d’eau soufrée. Les pierres rouges feu se parent de tache d’un beau bleu. Les couleurs sont époustouflantes tel le film Avatar ! Quel beau spectacle. Mais même si celui-ci est d’une beauté à nous laisser pantois, il ne suffit pas à nous faire oublier la chaleur qui nous entoure amoureusement et qui ne compte pas nous laisser de côté.

Le rite se déroule donc de la façon suivante : il y a 4 portes. Entre chaque porte, le passeur sort, ramène de nouvelles pierres chaudes, de l’eau qui sera versée sur les pierres, rentre et la porte de ferme. Quand la porte est ouverte, cela permet de baisser la température de sécher nos peaux luisantes d’eau, mêlées de transpiration. De reprendre nos esprits. Personnellement, à la fin de la première porte, je ne me suis pas posé de question. Tout allait bien. Mais la seconde ! Ce ne fut pas la même histoire. J’ai eu l’impression que la chaleur me brûlait. Aussi bien de l’extérieur comme de l’intérieur. J’ai commencé à tousser comme une asthmatique. À savoir aussi que Gilles avait préparé une synergie d’huile essentielle qui étaient projetée sur les pierres chaudes. J’ai adoré l’odeur mais celle-ci étant « épicée » (Gimgembre ? Patchoulis ? Le mélange est tenu secret), j’ai parfois eu du mal à respirer. Et lorsque la seconde porte a été ouverte, j’ai eu un combat intérieur. L’envie de sortir, avoir de l’air frais, mais en même temps cette envie de me dépasser, de me dire que je pouvais le faire et que surtout si je sortais maintenant, je m’en serais voulu …. pauvre chochotte que je suis …

Il en était hors de question. Alors j’ai fait taire ces voix. Et la porte s’est refermée. En ayant accueillis avec de nouvelles pierres. Avec une nouvelle hausse de température. Nous avons enchainé la troisième et quatrième portes. Peut-être parce que nous étions des débutants. Nous étions 13 au début et deux personnes nous avaient quittés à la première porte. J’avoue avoir perdu la notion du temps. Mais avec mon amie nous avons estimé être restés dans la hutte une heure et demie. Peut-être deux … mais c’est passé avec une telle rapidité. Les chants, les tambours, les contes …

Je suis ressortie de cette hutte lavée, lessivée, l’esprit sain et les pensées négatives hop ! Envolées avec la vapeur ! J’ai ressenti un bien-être intense. L’impression aussi de faire partie d’un tout bien plus primitif que nos vies stressantes d’aujourd’hui s’efforce de nous éloigner.

Nous nous sommes allongés autour du feu, à même le sol, le cœur battant à tout rompre contre la terre mère, les yeux plongé dans ce ciel complètement dégagé laissant apparaître un beau ciel étoilé entouré de la cime des arbres. Le feu crépitant à nos pieds, le bruit de fond : le clame de la forêt et le chant d’une rivière et ses cascades.

Ces messieurs ont d’ailleurs eu le courage de se jeter dedans !

Nous avons été invité à nous sécher et nous rhabiller et nous avons ensuite partagé la pipe et fumons de la sauge blanche. Aucune obligation encore une fois de fumer si on ne le souhaite pas.

Nous avons ensuite partagé un repas tous ensemble dans une grande yourte chauffée par un poêle qui malgré la chaleur emmagasinée dans la hutte, nous a fait grand bien. Nous ne sommes qu’en avril tout de même !

Pour finir, si l’occasion se présente à vous de participer à ce genre d’expérience peu commune, un seul conseil : Foncez !!!!

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